De la juste répartition des tâches ménagères dans l’approche post-moderne du couple

 

Couple_50s

Longtemps les bases du couple ont été clairement établies grâce à un partage équitable des missions respectives de l’homme et de la femme. L’homme était chargé de ramener un truc vaguement bouffable pour le soir (fruits, graines, lapin, sanglier, chevreuil, croque Mc Do…) et la femme du reste. Cela convenait très bien à tout le monde (oui je sais on a peine à la croire aujourd’hui), les hommes estimant le partage équitable et les femmes n’ayant franchement pas le temps de se plaindre, et puis est arrivé mai 68 et son chapelet d’emmerdes !

Desperate housewife dans la prairie

Il faut dire qu’avant l’année fatidique pré-érotique le modèle féminin adoubé par des générations entières de gonzesses était sans conteste… Caroline Ingalls. En gros, une vie de merde à trimer dans l’ombre pour pas un rond, ponctuée de diverses catastrophes et autres punitions divines. Des journées à gratter pendant que l’homme coupe du bois, Charles ayant très tôt renoncé à une carrière d’associé-gérant chez Lazard pour suer 10 heures par jour à la scierie locale histoire de pouvoir arborer fièrement sa plus belle paire de bretelles Michaelis. Peu de temps après leur rencontre, Caroline avait donc du changer son statut Facebook de « femme dans ton lit » à « femme qui fait ton lit » ! Exilée à 10 bornes du premier H&M, au plein milieu des champs sous prétexte qu’en général « au milieu coule une rivière », la petite Caro devait jongler entre l’entretien d’une baraque miteuse, un panier à linge sale exact opposé du tonneau des danaïdes (plus tu le vides, plus t’as l’impression qu’il déborde), des enfants toujours prêts à faire une connerie et un Charles aux papilles gustatives délicates auquel il était hors de question de servir des sushis ou une paëlla à emporter.

Moulinex libère la femme

Heureusement, les femmes ont, dès le début du XXe siècle, trouvé plein de nouveaux amis chez les fabricants d’électroménager. Sans a-priori ni stéréotype sexuel, les Calor (qui chauffe), Moulinex (qui mouline) et autre Seb (c’est bien) n’avaient au départ pas d’autre objectif que de faire progresser la science et, si possible, balancer un truc sur la lune pour voir ce qu’il s’y passait. Loin d’eux l’idée de bousculer l’ordre matrimonial établi sauf qu’avec la guerre, les femmes se retrouvent propulsées dans les usines. Elles deviennent de facto les mieux placées pour utiliser les robots ménagers vu c’est elles qui les fabriquent ! (CQFD) Et là c’est le drame. A son retour du front, le jeune poilu est tout perdu avec tous ces boutons, ces programmes laine et ces liquides de rincage. Alors il prend sa jambe de bois et il se colle devant la télé, même si il se voit obligé de faire appel à madame pour changer les chaines (on vous l’a dit, les boutons ça lui en file… des boutons). Et là les femmes, elles commencent vraiment à se sentir libérées… délivrées !

Jean-Kev’ + Djaiss’ for evier, un amour moderne

Les temps ont donc changé, la faute à Dolto (la mère hein, pas Carlos) et à la parité en politique. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Allons à la rencontre de Jean-Kevin et Djaissica, que tout le monde surnomme affectueusement Djaiss’. Les tourtereaux (c’est comme des crabes mais « in love ») sont en couple, mais ils sont un couple moderne. Ils partagent tout. Leur douche, leurs verres, leurs fringues, ils ne ferment pas la porte quand ils font pipi et s’autorisent de temps en temps une petite épilation de couple (oui, Jean-Kev’ se fait le maillot pour des raisons thérapeutiques). Au départ Jean-Kev’, à l’image de son père Gérard dit Gégé le poilu, il était plutôt à la recherche d’une « femme d’intérieur » comme on dit pudiquement. C’est-à-dire qu’elle se tape toutes les tâches ménagères dans la limite fixée par le mur d’enceinte de la maison. Par contre, impossible de franchir la porte d’entrée pour faire un truc. Le jardin, c’est non. Le barbecue, c’est non. La bagnole, c’est non. Même la poubelle, elle peut l’amener dans le couloir mais elle ne passe pas la porte ! Aussi lorsque Jean-Kev’ va au foot (il est un attaquant avec des belles qualités de vitesse et une frappe de balle intéressante qu’il met au service du FC La Châtre) il aime que ses chaussettes et son caleçon fétiches sentent le Ariel fraîcheur alpine (sa voiture préférée) pour épater les potes dans le vestiaire. Pendant ce temps-là, Djaiss’ encourage Jean-Kev’ depuis le bord du terrain et le gratifie d’un baiser chaque fois qu’il marque. Une bien belle répartition vous ne trouvez pas ?

Bon je vous laisse, il faut que je finisse le repassage avant le retour de madame. Bisous

Gabriel

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