De l’endormissement regrettable des bonnes manières au coucher du soleil

Autant on peut facilement supporter l’impolitesse et les incivilités en pleine journée pour peu que l’on s’arme d’un solide sens de l’humour, d’un peu de flegme et de prises régulières de psychotropes puissants, autant, je ne sais pas vous, mais moi, la nuit, les “mâles élevés” ont une sérieuse tendance à me les briser menues. Attention, aucun esprit de discrimination dans mes propos, il existe des filles tout aussi insupportables que les hordes de jeunes éphèbes en rut qui colonisent les lieux de vie nocturne, mais au moins elles ont la délicatesse de ne pas vous imposer leurs rassemblements sonores, leur alcoolisation massive et leur maîtrise très aléatoire de la langue française après deux verres. Euh… à bien y réfléchir, elles le font aussi, mais ce n’est pas le sujet.

Corps et graphie de séduction

Quelqu’un voudrait-il bien m’affranchir sur la sociologie du groupe mâle en virée nocturne ? Depuis l’invention du night-club en 437 av. JC par David Gettas et Giorgios Megamacumbas, on sait que se pointer à l’entrée d’une boite à 8 mecs après avoir pris l’apéro à base de 3 whisky-coca par tête ne constitue pas une garantie pour obtenir l’assentiment du physionomiste de faction. Je me demande même souvent pour quelle raison certains s’acharnent encore à tenter leur chance au Black Diamond en jogging et baskets à virgule alors qu’il va de soi que ce n’est pas la tenue adaptée pour partager une bouteille de Ruinard au salon. Une fois entré, il arrive parfois que s’engage à côté de vous un processus d’approche amoureuse plus mystérieux encore que la parade nuptiale du fou à pieds rouges des galapagos. Et là, point de cour distinguée à grand renfort de compliments, d’invitations discrètes où l’on convie la belle d’un signe de la tête à partager une danse. On accoste, on aguiche et on emballe. Le tout en 17 secondes chrono.

Des mots de mes nuits

Est-ce dû à l’augmentation des volumes sonores dans les lieux branchés mais l’art oratoire de la séduction semble avoir perdu sa voix…au chapitre. On ne dit plus “Bonsoir mademoiselle, je suis charmé par votre présence. Puis-je vous convier à boire un verre entre amis dans un lieu délicieusement underground ? » mais « Wesh mademoiselle, t’es gavé bonne. Ça te dirait de venir tiser dans ma cave ?” Les bonnes manières semblent également solubles dans l’alcool pour permettre qu’au coeur de la nuit les couples se forment dans la pénombre sans avoir besoin de trois vers de Ronsard (ce n’est pas un champagne, c’est un poète). Il ne sera alors plus temps de venir élégamment ouvrir la portière passager à la jeune femme vu que l’histoire risque plutôt de finir sur la banquette arrière (Dieu bénisse le rabattable deux-tiers un-tiers). La lumière crue du lendemain matin se chargera de rendre aux noctambules leurs vrais visages.

Gabriel de Calomnie

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