Des impostures fomentées contre les femmes par l’industrie cosmétique

Cosmétique Manaudou

A force de voir s’étaler sur papier glacé les plastiques féminines les plus gracieuses et distinguées de la planète, Zahia Dehar, Paris Hilton, Kim Kardashian…(et Khloe Kardashian…et Kourtney Kardashian aussi !), on se demande bien à qui sont susceptibles de servir les tonneaux de crème de jour et de complexes dermo-lipidiques phyto-aromatiques aux antioxydants déversés quotidiennement dans les rayons des supermarchés. C’est pourtant simple…ils sont faits pour occuper la place laissée vacante par les produits pour bébé dans l’armoire de toilette de la ménagère de moins de 50 ans.

Erreurs de casting

Pourquoi est-ce que ce sont toujours ceux qui en ont le moins besoin qui viennent nous vanter les mérites des produits dans la publicité ? Penelope Cruz nous fait l’article sur la star des laques (pas Nessie hein !), alors qu’elle a touché un pulvérisateur pour la dernière fois en 2006 quand elle a voulu vérifier si sa bombe au poivre pouvait assaisonner un steak. Pareil pour Jo-Wilfried Tsonga qui ne fera croire à personne qu’il se battrait pour un kinder bueno alors qu’il a, à deux pas, la célèbre maison suisse Cailler qui produit l’un des meilleurs chocolats du monde. Et Uma Thurman qui nous fait croire que, contrairement au commun des mortels à qui une boisson gazeuse, fusse-t’elle aux fruits, donne…des gaz, et ben elle Uma, madame-je-fais-pas-comme-tout-le-monde-je-fais-ma-star, ça lui donne des airs de geisha de luxe que même le pauvre pré-pubère qui l’interviewe se croit dans une pub pour Durex ! Il ne nous manque plus que Nabilla pour proposer des abonnements d’un an à Science et Vie avec les trois premiers numéros gratuits et on aura fait le tour.

Le syndrome de la vache à lait

Pour une raison qui n’en finit pas de m’échapper comme un pneu d’occasion, le consommateur moyen tient le lait pour la crème des hydratants corporels. Du coup, on en fout partout ! Dans les savons, les gels-douche, les shampoings… Si les vaches savaient où on se tartine leur production, elles nous en feraient une grève du pis. Comme j’aime bien revenir à l’essence des choses, j’ai personnellement tenté l’expérience d’une hydratation laitière externe en m’inspirant largement d’une ancienne publicité dans laquelle de jeunes éphèbes nous montraient que manifestement, on ne leur avait jamais appris à boire sans en foutre partout. Résultat ? Bon ben j’ai toujours la peau aussi sèche mais j’ai mouillé mon slip ! (je tiens bien sûr les images de cette vidéo à la disposition de tous les sceptiques). Fort de ce constat, je suggère à l’industrie agro-alimentaire de se pencher au plus vite sur une hybridation générique entre une prim’holstein et une barquette de Mont-Blanc pour enfin avoir une crème au lait directement à la source.

Salade de fruits, jolie, jolie…jolie

Parmi les indispensables des produits féminins, la cure anti-cellulite tient une place à part. En effet, peu de praticiens sérieux (en même temps, quand on a assisté un jour à une soirée médecine, on a du mal à associer « médecin » et « sérieux ») oseront vous en coller pour 6 mois à bouffer des gélules 3 fois par jour pour gagner 2 centimètres de tour de cuisse. L’eldorado de la graine du pauvre petit arbuste chétif brésilien maltraité pour obtenir les dites gélules a du plomb dans l’aile (ou la cuisse). A 1500 euros la cure, ça fait cher le miracle, surtout que, pour les miracles, Jésus faisait ça pour une bouchée de pain. D’un autre côté, Jésus ne s’est pas souvent penché sur les problèmes de peau d’orange ! Aujourd’hui, dans les rayons hygiène-beauté, on se croirait dans le verger de mon grand-père. Masque au kiwi, pulpe de guarana, extraits de pectine de pomme granny smith, tous les moyens sont bons pour avoir une peau de pêche. Tout ça me semble le fruit (!) d’un profond malentendu. J’ai bien peur que ces dames n’aient pas forcément très bien compris le sens de la campagne « Mangez, bougez ». Les 5 fruits et légumes par jour, c’est pour les manger, pas pour se les tartiner sur la gueule ! Mon fils, à 18 mois, et après quelques tartes (ok, j’arrête), il avait déjà intégré que la compote, ce n’est pas fait pour les ravalements de façade.

D’ailleurs, je vais dire à ma femme de balancer toutes ses crèmes à la poubelle. Ça ne sert à rien, ça encombre ma salle de bain et ça coûte une fortune. Par contre, pas tout de suite parce que je n’ai toujours pas eu le temps de tester sa dernière acquisition aux extraits d’œufs de saumon d’Atlantique Nord. Une merveille parait-il ! Et puis ma femme, elle n’a pas besoin de ça pour être la plus belle femme du monde…

Gabriel de Calomnie

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3 réflexions sur “Des impostures fomentées contre les femmes par l’industrie cosmétique

  1. Merci, grâce à cet article, j’ai appris qu’il y a au moins un actrice sur terre qui mange de la viande ;-). Et j’aimerais dire à propos de Tsonga que moi je veux bien que la boulangère me donne les cookies maison qu’il dédaigne parce que c’est vachement meilleur qu’un kinder bueno, et quitte à devoir tartiner ma peau d’orange de lait lissant au pamplemousse, j’aime autant que ce soit pour de la nourriture raffinée.

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