De l’imminence de la fin du monde et autres élucubrations prophétiques

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Plus que 9 jours avant la fin du monde et je n’ai toujours pas épuisé ma liste des trucs à faire avant de mourir. Galvanisé par la transe électrique semblant gagner mes congénères à l’approche du fatidique 21 décembre 2012, je m’étais laissé happé par le tourbillon avec toute la puissance dans l’inaction que me caractérise souvent ! Faire une liste, comme à 15 ans celle des plus monumentales conneries devant précéder la majorité, était devenu pour moi une absolue nécessité.

Rites initiatiques pour post-adolescent décadent

Les choses étaient même bien avancées. J’avais déjà coché « regarder un épisode de Derrick en entier », « me coucher à vingt-et-une heure » et « expérimenter la légendaire agilité des chats depuis le 4ème étage de mon immeuble ». Et puis cette semaine, sans vraiment de raison d’interrompre mes réjouissances pré-apocalyptiques, rien…le vide. Exit mon programme hebdomadaire des indispensables savamment composé d’actes zoophiles, de scarifications et d’une journée dans la peau de Frédéric Taddeï ! Tout cela bouclé, j’aurais pu attendre sereinement le tunnel, la lumière blanche et le face-à-face final avec Dieu pour enfin lui mettre une branlée à Questions pour un champion en représailles du physique disgracieux dont il a eu l’outrecuidance de m’affubler.

Peut-on vraiment faire confiance à un maya ?

Selon le principe, bien connu en psychologie sociale, de dissonance cognitive développé par Festinger, je me suis donc auto-rationnalisé en me disant que si finalement je n’avais pas réussi à brûler par les deux bouts ma liste d’exutoires, c’est certainement parce que la fin du monde n’aura pas lieu (oui, je sais, quand je rationnalise, je ne plaisante pas !). Fort d’une vérité avérée finalement aussi plausible que notre rencontre avec cette météorite, fortuite et imprévisible, même par Hubert Reeves qui pourtant ne plaisante pas avec les télescopes, je me rends aujourd’hui compte combien j’étais sot d’y avoir cru. Comme voulez vous que les mayas prédisent quoi que ce soit de l’avenir de notre monde à 3 000 ans d’écart ? Déjà, un peuple dont les rois s’appellent « feuille-jaguar », « griffe-oiseau » ou « serpent-boucle », on se doit d’être un tout petit peu vigilant sur la véracité de ce qu’ils racontent. D’autant plus que s’ils étaient si forts les petits indiens mexico-guatémaltèques, et ben ils auraient prévu les séismes, les sauterelles et l’épuisement des sols et ils auraient pris des actions Monsanto ou fait leurs pyramides anti-sismiques. Mais là où on en vient vraiment à douter de l’état mental des remplumés du front, c’est quand, après voir fait un petit tour au Mexique, vous vous rendez compte qu’il fallait vraiment être débile pour se coller en pleine jungle tropicale quand vous avez les plages de Cancun et la suite blanche du Royal Cancun à moins de 200 bornes. Tu m’étonnes qu’ils aient érigé l’auto-sacrifice en principe divin…

Nostrada-muselé et Paco Rabanne ta fraise

Déjà la fin du XXème siècle avait largement donné l’occasion à tous les illuminés de service de s’exprimer sur les questions d’extinction de notre civilisation. En 1999, Nostradamus, par la voix de son plus illustre exégète Paco Rabanne dit « Paco les bonnes nouvelles », nous avait promis la disparition du Gers pour les vacances d’été. Passée la tristesse d’une pénurie de foie gras toute provisoire en attendant l’alignement des importations polonaises, nous nous étions faits à l’idée de devoir se séparer de 6 000 kms de montagnes pelées et de vignes dégueulasses ainsi que du savant mélange d’émigrés britanniques et de consanguins locaux qui occupait l’espace. Et MIR resta en l’air et les gersois-vémèneté ! (lire « suavemente ». Je sais ça ne veut rien dire mais j’avais envie de le placer). Nous fûmes même, quelques mois plus tard, secourus par St Bill Gates qui pourfendit les mécréants annonciateurs du bug de l’an 2000 qui devait sonner la fin des ordinateurs, des réseaux de communication, des centrales nucléaires et nous plonger tous dans le silence et le noir.

Et le Nostradamus cru 2012 ne déroge pas à la règle puisqu’on lui prête aussi une prophétie de fin du monde pour maintenant-tout-de-suite dont le signe apocalyptique repose sur… la chanson de PSY (oui, oui, le petit gros coréen qui se prend pour un poney shetland). Et là, Nostradamus, petit pharmacien du XVIème (siècle, pas arrondissement), nous prédit des emmerdes XXL ! Une fin du monde en bonne et due forme. Moi, mon pharmacien, il n’est même pas foutu de me filer une crème efficace contre les hémorroïdes. Vous comprendrez que j’accorde peu de crédit au « Caducée Crew ». Franchement, ce sont autant de bonnes raisons pour que PSY retire sa vidéo de youtube et que tout le monde rentre chez soi maintenant. Moi, ça me fait flipper. Et vous, depuis quand vous écoutez votre psy ?

Gabriel de Calomnie

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