De l’exemplarité des sportifs en général et des footballeurs en particulier…

Ras le bol !!!! Non mais vraiment ! RAS LE BOL ! Déjà qu’on se fade un monde liberticide à l’extrême où toutes les occasions sont bonnes pour interdire, il faudrait maintenant en plus que les sportifs soient des exemples pour notre société…

A.S.I.C.S.

N’ayez pas peur, je n’envisage pas de me lancer dans le billet sponsorisé. Non pas que j’ai vraiment de grands principes d’indépendance chevillés au corps ! Je suis plutôt de la race des « pragmatiques à valeurs ajoutées » et je cèderai à coup sûr pour peu qu’il y ai beaucoup d’argent sur la table. Non, j’entendais par « ASICS » l’acronyme bien connu (et un peu déformé) ayant inspiré la marque : Anima Sana In Corpore Sano. Passons sur le fait que ce n’est pas ce que voulait dire Juvénal (le poète latin à qui nous le devons) pour nous concentrer sur la variante, intimement liée à la pensée de Coubertin. Notre époque aurait donc fixé l’objectif des perfections conjuguées du corps et de l’esprit à cause d’un romain du 1er siècle ap. JC.

Un peu d’histoire

On en appelle souvent aux grecs, créateurs des jeux olympiques, pour porter cet idéal de perfection physique et spirituelle. Pierre de Coubertin avait même avancé que les jeux, ouverts seulement aux citoyens grecs (ce qui excluait entre autres les esclaves), portaient une quête de beauté du sport pour les riches athéniens et spartiates. Et ben non !!!! Dès l’antiquité, certains athlètes sont de vrais professionnels. C’est-à-dire qu’ils gagnent leurs vies avec le sport. Et les dérives de dériver… On trouve les premiers exemples de « dopage » avec des philtres ingurgités par les champions, de corruption (on achetait un athlète ou sa famille pour qu’il se dise natif d’une cité plutôt qu’une autre comme on naturalise aujourd’hui), de triche éhontée et de contournement du règlement, certains aristocrates grecs faisant concourir des esclaves à leur places (je vous ai dit que c’était interdit). Et les valeurs du sport me direz-vous ?

L’irréductible schizophrénie de notre vision du sport

Depuis le début, vous devez vous demander : « Mais pourquoi il s’énerve comme ça ? ». Je vous dois quelques explications. J’ai régulièrement l’occasion de déverser sur mon collègue d’en face mon aversion profonde pour les mises à mort médiatiques entrainées par les « scandales » sportifs. Et ce matin m’a offert une nausée classée 8 sur l’échelle de Gerbeur avec l’annonce d’une éventuelle suspension pour plusieurs mois d’un footballeur pour une sortie en boite 3 jours avant un match. Mais put* (gros mot) de bor* (gros mot) de mer* (gros mot), on se fout de la gueu* (gros mot) de qui ??? On prend des gamins de 11 ans doués pour un sport (et pas toujours pour l’école), on les sort de leur cadre familial, on les met tous ensemble dans un centre pour débiles moyens de formation, on les fait taper dans un ballon 5 heures par jour, on multiplie les contacts avec ceux, 10 ans plus âgés, qui gagnent 30 000 € par moi et utilisent leur argent de poche pour aller aux putes…..et on se demande pourquoi ils sortent souvent du cadre. Ben oui pourquoi ?

La quête de perfection dans tous les registres (j’en ai déjà parlé dans un article précédent) nous conduit à ça. Ce qui est encore plus énorme c’est que les premiers à tirer à boulet rouge sur nos jeunes déviants sont les anciens sportifs, anciens déviants eux-mêmes. Les anciens fumeurs ne sont-ils pas les plus fervents pourfendeurs de la cigarette ? Et de se taper à longueur d’interview les « de notre temps… » et autres « avant y’avait du respect… ». Du respect mon c** (tiens, encore un gros mot) !!! Les jeunes sportifs qui secouent un peu les anciens dans l’espoir qu’ils laissent un peu plus tôt la place, ça dure depuis toujours…et même encore avant.

Sainte-Marie-Josée Pérec, priez pour nous !

Au nom de quoi exigerait-on des sportifs de haut niveau qu’ils soient des être irréprochables ? Je ne parle même pas du respect de la loi, qui incombe à chacun. Non, non ! Ils doivent « donner l’exemple ».

Là je retiens mes gros mots parce que l’envie devient forte d’insulter la maman de Jésus, qui, la pauvre, n’y est strictement pour rien. Et pourquoi ils doivent donner l’exemple nos amis musculeux ?

Parce qu’ils sont des personnages publics ? Si Carlos Ghosn sort en boite la veille d’un conseil d’administration, peu d’éditoriaux viendront lui faire la leçon le lendemain dans la presse.

Parce qu’ils gagnent beaucoup d’argent ? Combien d’années on a laissé Jean-Luc Delarue (#rip) inspirer chaque jour plus de coke qu’il ne faut de farine pour une pain de deux livres ? Il aura fallu qu’il attarde ses mains, puis ses dents sur une hôtesse de l’air pour que la France s’offusque de ses agissements.

Parce qu’ils échouent, parfois avec fracas, dans l’atteinte des objectifs qu’on leur fixe ? Si on devait mettre au bagne tous les mecs qui échouent, il va falloir dire à Tata Christiane de lancer un gros programme immobilier sur Cayenne.

Parce qu’ils sont un exemple pour nos enfants ? Le voilà le problème. Les exemples que nous donnons à nos enfants ce sont les sportifs ! Génial. Et comme ils ne donnent pas le bon exemple, justement, on demande aux sportifs de faire attention. On ne pourrait pas juste proposer à nos enfants d’autres exemples ? Ce ne serait pas plus simple ?

Finalement, la raison de notre exigence envers nos sportifs, c’est un vilain droit de propriété. Dans ce monde, les champions appartiennent au peuple, comme jadis les esclaves appartenaient aux riches athéniens !!!

Gabriel de Calomnie

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